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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 14:35

Ci-après l'essentiel d'un  communiqué sur le procès intenté par le pouvoir Sarkozy contre des militants associatifs défendant les familles de sans papiers.

La Convergence 37 soutient cette action et appelle à participer aux actions en particulier au rassemblement le vendredi 3 décembre à 9H devant le tribunal de Tours

 

 

 

 

Communiqué Soif d'Utopies: PROCES DES 4 PREVENUS

 

Le 3 décembre aura lieu à 9H30 au tribunal de Tours un procès politique. Le ministre de l'intérieur a porté plainte contre deux militants de SOIF D'UTOPIES et deux de RESF 37.

 

Ils sont accusés de « diffamation publique contre une administration publique».

Ces deux structures ont publié en février 2010 un communiqué de presse intitulé « les baleiniers ». Ce texte faisait part de soupçons quant à l'utilisation de fichiers de l'Education nationale (en l'occurrence Base-élèves) à des fins policières afin d'organiser la chasse aux familles sans papiers. Il comparait ces pratiques à certaines employées par la police sous le régime de Vichy. Les quatre prévenus sont poursuivis par un ministre condamné pour injure raciale (la cour d'appel doit confirmer ou non ce jugement). De même, ses initiatives à l'encontre des Roms ont failli faire condamner l'Etat français pour discrimination par la Cour européenne. Lors de ce procès, trois questions seront posées. * Est-ce que des individus, des structures peuvent faire part publiquement de leurs soupçons par rapport à d'éventuelles dérives ou exactions de la part de l'administration ou de la police ? Par exemple, Le Monde publie un article révélant que la gendarmerie élabore des fichiers par rapport aux Roms. Les responsables de ce quotidien doivent-ils être poursuivis ? Lorsque des médias informent de l'existence de la circulaire du 5 août 2010 (ordonnant aux préfets d'organiser la chasse aux Roms), leurs directeurs de publication doivent-ils être poursuivis ? * Est-ce que des individus ont le droit de faire des comparaisons historiques ? Précisons d'abord qu'une comparaison n'est pas un amalgame. Il est hors de question de dire que Sarkozy c'est Pétain, ou que derrière le masque de Le Pen se cache Hitler, etc. Comparer c'est prendre en compte l'expérience historique que nous apporte, en l'occurrence la période de Vichy, afin d'interroger notre passé pour agir sur le présent et tenter d'envisager différents avenirs. Transformer des enfants en appât pour pouvoir arrêter des familles sans papiers et tenter de les expulser du territoire rappelle des pratiques utilisées par le régime de la collaboration. Faire ces comparaisons et alerter est plus que nécessaire. Que le ministre ne soit pas d'accord avec ce type de comparaisons, c'est son opinion. Mais peut-il tenter d'en censurer d'autres, différentes de la sienne ? * Comment se fait-il que les quatre prévenus soient poursuivis, comme bon nombre d'autres personnes ayant fait des comparaisons historiques de même nature, alors que des responsables politiques les ayant faites ne le sont pas ? Nous avons un début de réponse. Récemment, J.L. Mélenchon a déclaré que des policiers pouvaient être impliqués dans certains actes violents lors de manifestations. Le ministre de l'intérieur n'a pas souhaité porter plainte contre lui, comme le lui demandaient plusieurs syndicats de policiers. Il craignait que cela « serve de caisse de résonance » à ce ténor politique. Ainsi donc, si l'on est connu médiatiquement on peut échapper aux foudres du ministre ; par contre les manants sont trainés devant les tribunaux. Quel courage Monsieur le ministre ! A l'initiative des deux prévenus de SOIF D'UTOPIES, Messieurs Mélenchon, Rocard, Mamère, de Villepin et Madame Lepage sont cités par huissiers comme témoins au procès du 3 décembre à Tours. Ils ont fait des déclarations fondées sur des comparaisons historiques avec « cette période sombre de notre histoire » à la suite du discours de Sarkozy le 30 juillet à Grenoble et à l'organisation de la chasse aux Roms. Si le tribunal correctionnel de Tours relaxe les quatre prévenus, il affirmera clairement qu'il n'a pas à prendre position sur ces différentes questions. Cela relève de débats de société. La Justice n'a pas à intervenir dans ceux-ci. Par contre, si ils sont condamnés cela signifiera qu'elle conforte la volonté de l'Etat d'imposer le silence sur des dérives de l'administration et de la police, qu'elle entérine la censure d'Etat, qu'elle avalise un traitement inégal de la part de l'Etat selon qu'on soit notable ou manant. Relaxer les quatre prévenus signifiera aussi que les juges du siège ne sont pas totalement sous la coupe du parquet. Rien ne les oblige à aller dans le sens de la décision politique du procureur : déférer les quatre prévenus devant le tribunal correctionnel en raison de la plainte du ministre de l'intérieur. Ce magistrat est soumis hiérarchiquement au ministère de la justice. Si les juges les condamnent, ils montreront que la Justice est bien sous l'autorité du gouvernement. Cela renforcera le sentiment que nous sommes confrontés à une justice de classes ! La plainte du ministre montre aussi la volonté de l'Etat de criminaliser les militants, les acteurs des mouvements sociaux, tous ceux et toutes celles qui résistent quotidiennement contre la politique xénophobe, l'ordre sécuritaire, la dégradation de nos conditions de vie, pour un partage égalitaire des richesses, etc. En nous pourchassant, en nous criminalisant, l'Etat cherche à gommer toutes les aspérités dépassant du consensus qu'il veut nous imposer. Il veut éradiquer toutes les formes de vie alternative essayant d'échapper à l'ordre capitaliste. Des directeurs d'école refusent de remplir les fiches de Base-élèves parce qu'ils ne souhaitent pas devenir des auxiliaires de la police : ces fonctionnaires sont sanctionnés. L'Etat nous réprime lorsqu'on se mobilise contre les violences policières, contre l'expulsion de sans papiers, contre la remise en cause des acquis sociaux, contre le développement des OGM, contre le nucléaire, pour le droit au logement... Notre tort : nous nous opposons à la dégradation de nos conditions de vie ; nous luttons contre cette société où la recherche et le développement sans fin des profits pour quelques-uns conduisent au développement de la misère. L'ordre sécuritaire est de plus en plus nécessaire pour juguler toutes contestations lorsque la paupérisation n'est plus supportable ou que notre dignité est bafouée. L'article 32 ter A du projet de loi LOPPSI 2 prévoit que les préfets pourront faire détruire en 48 heures toutes les formes d'habitat alternatif (roulottes, camions, yourtes, caravanes, cabanes...), même sur son propre terrain. Ils pourront également expulser dans les mêmes délais toutes les personnes vivant dans des squats sur simple décision administrative. Dans le même temps, les offices d'HLM voient leurs subventions se réduire de plusieurs millions d'euros. Ils ne pourront quasiment plus construire de logements et il leur sera très difficile d'entretenir le parc existant. Les autorités (collectivités territoriales, préfectures) ne veulent pas appliquer les lois permettant la réquisition de logements vides. Que vont devenir les SDF et mal-logés présents et à venir ? Ce qui est sûr, c'est qu'ils ne vont pas s'évaporer ! Les trottoirs en alternance avec la prison, est-ce un avenir ? La répression ne réfrénera jamais nos luttes contre l'oppression !

RELAXE DES 4 PREVENUS DE TOURS

NON A LA CENSURE D'ETAT, PRENONS NOS AFFAIRES EN MAINS, NON A LA CRIMINALISATION DES MOUVEMENTS SOCIAUX

 

 

Le Comité de soutien aux 4 de Tours communique : « RELAXE POUR LES 4 DE TOURS » C'est la bannière qui s'étalera en grand samedi prochain 27 novembre à 15 heures place Jean Jaurès à Tours, derrière un mannequin géant de Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur. Cette manifestation est destinée à rappeler aux Tourangelles et aux Tourangeaux le procès en diffamation intenté par le ministre, à l'encontre de 2 militants du Collectif Soif d'Utopies, et de 2 membres du Réseau Education Sans Frontières (RESF37), procès dont l'audience, prévue d'abord le 16 septembre, puis reportée, se déroulera le vendredi 3 décembre à 9 h 30 au tribunal de Tours.

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Published by convergence37 - dans droits et libertés
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