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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 16:02

 

  Samedi 20 Novembre 2010 à l'hôtel de ville de Tours

 

 

 

 

 

banderole Convergence37 

 Texte pour le débat des Vendémiaires co-organisées par Résistance sociale et la Convergence 37 de Défense et Développement des Services Publics

 

 

 Ces Vendémiaires se tiennent au cœur d’un mouvement social d’une ampleur exceptionnelle qui, quelle que soit l’issue de la réforme des retraites, porte fondamentalement l’exigence d’une autre politique publique au service de tous et non dans l’intérêt des plus riches.

 

Il s’agit de répondre aux revendications sociales élémentaires pour assurer les droits fondamentaux de tous, les droits d’ailleurs solennellement inscrits, dans la Constitution, et bafoués aujourd’hui, comme le droit au travail, à la santé, ou, dans la loi, comme le droit au transport ou le droit au logement.

 

Il s’agit dans le même temps de promouvoir un nouveau mode de production respectueux de la condition humaine - c’est-à-dire compatible avec l’aspiration à l’émancipation individuelle, avec des conditions de vie dignes, dans le respect de l’intégrité physique, morale, psychique de chacun, et aussi de notre cadre de vie. L’économie doit être au service de l’Homme et  non l’inverse.

 

La mobilisation des salariés, la convergence des forces progressistes, syndicales, associatives, politiques, l’appropriation du débat, la démocratisation et l’intervention citoyenne sont le levier et le moteur de la construction d’une réelle alternative.

 

 

 

 

  Un mouvement social de grande ampleur

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le mouvement social de cet automne n’est pas sans rappeler d’autres moments forts auxquels il est lié : 1995, 2003, pour ne citer que ceux-ci.

Ces luttes ont lieu dans le contexte de la mondialisation libérale que l’on tente de nous imposer avec la dictature du marché.

 

La course aux profits spéculatifs a pris une nouvelle dimension. La répartition des richesses se fait toujours plus en faveur des plus fortunés. Dans tous les Etats, des mesures fiscales ont été prises en ce sens. Ces dispositions ont été présentées comme devant être profitables à tous grâce à la « main invisible du marché ». Dans les faits, la course aux profits spéculatifs a conduit à la crise financière de ces dernières années. Les Etats ont mettre des centaines de milliards d’euros publics pour éviter le crash des banques. Ainsi une large partie de l’endettement public actuel est liée à la crise.

 

En dehors du fait qu’il est curieux que ceux qui vantent la privatisation du système bancaire trouvent tout à fait normal que l’argent public soit là pour couvrir les risques pris pour permettre des bénéfices exorbitants à leurs actionnaires et à leurs richissimes clients, on aurait pu espérer qu’en contrepartie, les banques et les spéculateurs fassent profil bas. C’est le contraire qui se produit : on assiste à la tentative d’instaurer une mise sous tutelle financière des Etats et des peuples par l’entremise des agences de notations et des institutions internationales comme le FMI ou la Commission européenne.

 

Résultat : les Etats, même ceux dirigés par des gouvernements de gauche, plutôt que de lutter contre les causes de la crise et notamment la mondialisation libérale, ont quasiment tous adopté les mêmes mesures définies au niveau européen : restriction du pouvoir d’achat, allongement de l’âge de départ en retraite, gel des salaires des fonctionnaires, diminution des retraites, privatisation des services publics...

 

    Le capitalisme, dans la phase actuelle de financiarisation de toutes les activités sociales, n’a pas seulement conduit à la crise gigantesque que l’on connaît.

 

Il a montré son vrai visage : il cumule les plus-values boursières et s’accapare une grande partie de la production des salariés lorsque tout va bien. Ils exigent que les salariés payent lorsque tout va mal. Il tente de trouver des boucs émissaires (Madoff, Kerviel) afin de dissimuler un développement qui ne peut se faire qu’au détriment du bien-être de tous, des conditions de vie, des droits individuels et collectifs, de l’augmentation du fossé entre riches et pauvres et entre pays riches et pays pauvres. Il empêche toute émergence de nouveaux modes de développement qui remettraient l’Homme au cœur d’un système. Il saccage les ressources naturelles et se montre incapable de prévoir leur gestion et leur remplacement sur le long terme. Obnubilé par la rentabilité immédiate, il en oublie jusqu’aux enjeux climatiques et leurs conséquences économiques et humaines. Notre savoir, notre histoire, nos modes de vie et de bien-être lui sont indifférents.

 

« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée l'orage. » Cette citation de Jean Jaurès est toujours d’actualité. Pour imposer sa domination ou la préserver, le capitalisme est une source permanente de nouveaux conflits dont on ne voit plus l’issue. Les guerres au Moyen-Orient en sont un parfait exemple. Elles perdurent et se développent pour garantir aux puissances dominantes le contrôle des sources d’approvisionnement énergétiques.

 

Les peuples

ne se laissent pas faire

 

 

La montée des luttes en France, comme en Grèce, en Espagne, ou dans d’autres pays d’Europe, contre les plans d’austérité montre que les peuples ne veulent plus de cette logique libérale.

 

Cela a amené la Confédération Européenne des Syndicats à appeler le 29 septembre dernier, tout comme le Forum Social Européen  d’Istanbul, à une journée d’action européenne sur le thème: « ce n’est pas aux salariés de payer la crise, il faut une autre politique en Europe pour développer l’emploi, promouvoir les services publics ».

 

Ainsi, l’exigence d’autres politiques publiques à tous les niveaux et la montée de la revendication de politiques alternatives s’attaquant aux enjeux auxquels l’humanité est confrontée sont à l’ordre du jour.

 

   L’exigence d’un nouveau partage des richesses

 

On nous dit qu’il n’y a pas d’argent, mais ceux qui portent ce discours défendent les intérêts de milliardaires qui, comme Liliane Bettencourt, ne connaissent parfois même plus l’ampleur de leur patrimoine. Un nouveau partage des richesses doit devenir une exigence sociale grandissante pour que ne subsiste plus, d’un côté, une minorité de ploutocrates dont l’objectif est l’accumulation de toujours plus de richesses, et, de l’autre, des millions de gens qui voient leur travail se précariser, ont des difficultés à accéder à un logement et à pouvoir vivre dignement, voire vivent sous le seuil de pauvreté. Le remède se trouve dans l’augmentation des salaires (la part des salaires dans la valeur ajoutée a perdu environ 8 points) et la création d’emplois, notamment d’emplois industriels. La « tertiarisation » de l’économie a montré ses limites.

 


 

 

l'intervention citoyenne au centre

 
 

 

 

 

 

 Les questions qui concernent tous les citoyens doivent pouvoir être débattues par tous !

 

 La situation aujourd’hui est le fait du prince. L’élection du président de la République serait la justification en elle-même du contenu des politiques engagées quand bien même le candidat aurait juré le contraire pour se faire élire. Ainsi l’actuel président avait juré de ne pas toucher au droit à la retraite à 60 ans, de ne pas privatiser EDF-GDF, etc.

 

Dans les autres pays d’Europe, on assiste au même mépris du peuple. Les Irlandais, les danois ont ainsi été appelés plusieurs fois aux urnes par leurs dirigeants jusqu’à ce qu’ils se déjugent en ce qui concerne la ratification du traité de Lisbonne.  

 

Les décisions se prennent à un niveau de plus en plus éloigné du citoyen comme du salarié, rendant plus difficile l’intervention de ces derniers.


  Tout semble fait pour ligoter le citoyen, l’empêcher de revendiquer sa part de souveraineté. Il devrait accepter de se voir ainsi déposséder de ses prérogatives au profit d’une prétendue  « élite » qui posséderait le savoir.

 

Des formes particulières de discrimination visent les femmes pour l’accès aux postes de responsabilité dans l’entreprise comme dans la vie professionnelle. Il en est de même d’autres catégories de citoyens, les privés d’emploi, de logement, les habitants de zones dites « sensibles », les femmes célibataires, les immigrés, les sans papiers, … L’action contre ces discriminations doit être une revendication forte portée par tous car, au-delà de l’humanisme au cœur de notre révolte, cette précarisation entraîne une pressurisation supplémentaire sur l’ensemble des salariés de notre pays.

 

 

  Nous devons dénoncer cette situation et agir pour la modifier en profondeur.

 

Le sentiment de ne pas peser réellement dans les choix explique en partie l’accroissement de l’abstention lors des élections.

 

Au-delà, la distorsion entre la réalité sociologique de la société française et ses représentations (institutionnelles, politiques, mais aussi sociales malgré d’incontestables efforts) n’est sans doute par étrangère à ce qu’il est convenu d’appeler la coupure entre le peuple et les élites.

 

C’est dans ces conditions qu’intervient la mise en œuvre des politiques les plus antisociales, à l’opposé de ce que souhaitent massivement nos concitoyens.

 

 

 

 

 

 Résister, agir ensemble

 

Face à cette situation, les salariés et les citoyens tentent de s’organiser.

 

Nous assistons ainsi de partout à la multiplication de collectifs d’organisations, de luttes communes, de débats entre militants et organisations comme à la volonté d’unir les forces

 

Résistance Sociale, dont la marraine était Lucie AUBRAC, s’est ainsi créée dès 2003 avec la volonté d’être une des premières plate-forme de débats entre militants et responsables syndicaux,  politiques, associatifs : à cette époque les cloisonnements entre organisations, entre types d’organisations et entre groupes au sein des organisations avaient atteint leur paroxysme, rendant extrêmement compliqué toute création d’un véritable rapport de force.

 

A partir de 2004, des luttes initiées au départ par les élus contre la fermeture des services publics, comme en Creuse, en Charente ou en Bretagne s’élargissent. Des collectifs de Défense et développement des Services Publics rassemblant des usagers, des élus, des organisations syndicales, politiques et associatives se créent.

 

Le 6 mars 2005 a lieu la grande manifestation de Guéret. La Convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics se créera peu de temps après.

 

Le 19 novembre 2005, une manifestation nationale pour les services publics réunit 25 000 personnes à Paris.

Le 10 mars 2007 se tiennent les Etats généraux des Services Publics salle Olympe de Gouges à Paris. Ceux-ci réunissent plus de 600 personnes et valident un Manifeste pour les services publics.

 

Dans le domaine de la santé, la création du Comité national contre les franchises et de la Coordination nationale des hôpitaux et maternités de proximité ont permis de mener l’action pour le droit à la santé pour tous, contre les franchises, et la mise en œuvre de la loi Bachelot, dont ils demandent l’abrogation.

  

Ils ont aussi été à l’origine de fortes mobilisations des salariés, des syndicats, des associations, des partis, des élus et des citoyens pour défendre les hôpitaux et maternité de proximité obtenant des réussites. Ils ont ainsi empêché la fermeture de l’hôpital de Carhaix en Bretagne, de St Affrique à deux reprises dans l’Aveyron. La fermeture de Valréas dans le Vaucluse a été suspendue après que la coordination ait réussi à faire condamner la décision de fermeture par le Conseil d’Etat, la maternité de Die dans la Drôme a été prolongée…

 

Au cours de l’été 2010, après l’annonce de la volonté du ministre de la Santé de fermer les centres chirurgicaux de moins de 1500 opérations dans l’année, tous les élus de la Creuse se mobilisent contre la fermeture de leur seul centre de radiologie. Le ministre est contraint de reporter le projet. Certes le projet n’est pas abandonné, mais la mobilisation a montré la possibilité d’imposer d’autres choix que ceux imposés d’en haut par la seule logique financière.

 

En 2009, l’un des grands évènements a été la votation citoyenne sur la Poste, à l’appel du Comité national contre la privatisation de la Poste, composé d’organisations syndicales, des partis politiques de gauche et d’associations.

 

En quelques semaines, 2,2 millions de personnes se sont exprimées, en mettant un bulletin de vote dans une urne et en signant un registre, contre la privatisation de la Poste et pour l’organisation, d’un référendum. Des centaines de communes de toutes sensibilités ont participé à cet exercice démocratique exceptionnel. Cela n’a certes pas empêché le président de la République de transformer la Poste en société anonyme, mais ils n’ont pu aller jusqu’à présent au bout du processus, le capital restant 100 % public.

 

A l’automne 2010, plus de 70 % des Français se déclarent opposés à la mise en cause du droit à la retraite à 60 ans et à la réforme des retraites et cela alors même que tous les moyens d’Etat et la plupart des médias ont été mobilisés pour convaincre l’opinion du contraire…

 

D’ailleurs si les décrets d’application de la soit-disante réforme des retraites étaient pris, une augmentation considérable des «économiquement faibles » se produirait, notamment des femmes, à qui le parcours rémunéré de temps de travail (assez souvent dépassant 35-40 années de travail « visibles » et « invisibles ») ne permettrait pas d’attendre 62 et encore moins 67 ans  pour être en retraite à taux plein ! Ces salarié(e)s risqueraient ainsi d’être de plus en plus nombreux (ses) dans les décennies prochaines à n’avoir ni la santé, ni les moyens de salaires suffisants pour s’acquitter soit d’un emploi, soit d’une décote jusqu’à 62, 65, 67 ans !!!

 

Ce serait un retour à la précarité « à vie » de leurs grands parents, que le gouvernement, issus en 1945-47 du Conseil National de la Résistance, avait rendu à une vie normale, une vie décente, en instituant la juste retraite  par répartition, légale à 60 ans.

 

 

 

 

Il est donc urgent de poursuivre une Résistance sociale pour mettre en chantier un projet de société, fondée sur une visée principale : l’emploi durable, condition majeure de la remise en équilibre des retraites par répartition.

 

Malgré ces exemples qui montrent le chemin parcouru, beaucoup reste encore à faire …

 

 
 

 

 

 

Travailler dès maintenant à construire une autre démarche 

 

 

 

 

 

La première question, à laquelle nous devrons tenter de répondre lors de nos 8èmes Vendémiaires, est donc de savoir comment parvenir à unifier les luttes pour créer un véritable rapport de force pérenne, afin que celui-ci puissent avoir un débouché positif.

 

Plus que jamais, l’heure est à l’esprit de résistance contre la destruction des acquis collectifs, la retraite à 60 ans, la Sécurité sociale, le Code du travail et le statut général des fonctionnaires, les 35 heures, etc.

 

Plus que jamais, l’heure est à la défense et au développement des services publics, qui doivent rester publics et accessibles à tous : les bureaux de poste, l’école, le collège, l’hôpital, l’université, les transports collectifs…

 

Plus que jamais, il doit être mis fin au désengagement de l’Etat qui doit être le garant des droits et solidarités au niveau national et dans tous les territoires.

 

  Cet esprit de résistance ne signifie en aucun cas camper sur l’existant. Ce sont les Résistants de la dernière guerre qui ont construit les bases de la Sécurité sociale, des nationalisations, des statuts de la fonction publique,… Il s’agit aujourd’hui d’ouvrir une page nouvelle de notre histoire, en reprenant la marche du progrès social.

 

L’action de tous est nécessaire :

 

En tant que salariés :

 

  - du privé, nous devons agir pour que cesse la destruction du Code du travail et obtenir des garanties et des avancées sociales nouvelles, mais aussi obtenir le renforcement du rôle des comités d’entreprise. Des droits nouveaux doivent être conquis que se soit dans notre dimension de citoyen comme de salarié : il faut se poser sérieusement la question de nouveaux droits qui nous permettraient en tant que citoyen d’être véritablement partie prenante des choix de politiques économiques et dans notre dimension de salarié de nouvelles possibilités d’intervention afin que nous puissions peser sur les décisions de notre entreprise, ce qui  nous concerne au premier chef. Compte tenu de la diversité des statuts d’entreprise, les salariés doivent pouvoir défendre l’utilité économique de leur activité et leur contribution à l’intérêt collectif. Ils sont de même bien placés pour souligner combien est nécessaire et propice au développement des entreprises l’environnement de services publics et l’exercice de politiques publiques.

 

-du public, en tant qu’agents ou fonctionnaires des administrations et des différents services publics, nous devons nous battre pour préserver nos statuts et obtenir leur renforcement afin de nous permettre de servir réellement l’intérêt général. Nous devons refuser que le « spoil system » à l’américaine, qui transforme les personnels et les responsables des administrations en agents électoraux du parti au pouvoir, ne se généralise. Nous devons défendre le statut de la fonction publique et obtenir son amélioration pour garantir l’indépendance des agents et fonctionnaires publics.


  En tant qu’élus, nous devons prendre nos responsabilités et ne pas prendre prétexte d’oukazes européennes ou du gouvernement en place pour justifier une quelconque inertie, une quelconque acceptation car il nous reste encore des pouvoirs suffisants pour impulser des alternatives économiques et sociales aux choix actuels et garantir, par une politique d’aménagement du territoire et de péréquations financières, l’assurance d’une égalité territoriale.

 

C’est aussi à nous qu’appartient la décision d’ouvrir ou de fermer les services publics. L’action des élus de la Creuse montre un chemin, celui d’exiger l’alternative possible d’un autre choix que la gestion libérale qu’on veut nous imposer.

 

Les collectivités locales peuvent sans attendre, engager des politiques nouvelles, même à un niveau modeste, agir pour la réappropriation de secteurs privatisés, comme l’eau, créer de nouveaux services publics en réponse aux besoins (par exemple pour la petite enfance, pour les personnes âgées…), améliorer en permanence ceux qui existent.


  Nous devons populariser et faire connaître ces actes qui donnent du sens à l’action publique et préparent l’avenir. Nous devons être aux côtés de tous ceux qui se battent pour sauver les services publics, pour rappeler qu’en République, seul le peuple est souverain et que nous ne sommes que ses représentants.

 

 En tant que citoyens, nous devons agir pour être informés, consultés et pouvoir donner notre avis mais également être décideurs des axes politiques majeurs. Cela suppose des droits nouveaux d’intervention à tous les niveaux : dans la commune, l’intercommunalité, le département, la région, ou, au niveau national, par la voie référendaire.

 

Des instances existent déjà sur le papier, ainsi les Commissions départementales et nationales des services publics, mais le gouvernement refuse de les faire vivre et de leur donner les moyens de fonctionnement.

 

De nouveaux outils doivent être mis en place, associant les représentants de l’Etat, les élus, les représentants des salariés et des usagers. Ces commissions doivent permettre l’expression des besoins, et être consultées obligatoirement sur l’organisation et l’activité des services publics, les décisions finales étant de la compétence d’assemblées élues.

Nous devons nous poser la question, en tant que citoyens, des modalités nécessaires entre le rétablissement du lien entre volonté du peuple et les décisions politiques prises.

Ainsi aucune modification profonde de notre environnement social et économique comme la Sécurité sociale, les retraites, le temps de travail,… ne devraient être possibles sans débat public, voire consultation directe.

 

Le besoin de politiques publiques alternatives

 

Il faut s’interroger sur la société que nous voulons mettre en œuvre. Quelle place pour les acteurs sociaux, les citoyens, les salariés, les élus, dans la définition des politiques publiques? Quelle nouvelle répartition des richesses pour les financer ? Comment promouvoir des politiques publiques au service du plein emploi et du développement des territoires.

 

Comment articuler l’action de l’Etat et celle des collectivités territoriales?

 

Faut-il à nouveau nationaliser les services publics et certains secteurs stratégiques ? Ne devrait-il pas y avoir des limites fortement restrictives pour les délégations de gestion de missions publiques ? Comment lutter efficacement contre les délocalisations ? Faut il mettre en place une autre construction européenne et, si oui, comment y parvenir ?

 

Ainsi en matière de nationalisation: il faut bien sûr tirer les leçons de l’échec des nationalisations de 81 qui ont été gérées selon les critères du secteur privé. De même, la loi de démocratisation du secteur public a montré ses limites.

 

  Il semble nécessaire aussi de prévoir un contrôle démocratique des outils publics et d’en fixer les modalités (par les élus ? par les citoyens ? par les usagers ? Et selon quelle représentation ?). La question est également celle du besoin de nouveaux critères de gestion incluant la responsabilité sociale des entreprises, publiques et privées, dans les territoires.

 

La place des services publics en France, en Europe, dans le monde

 

Le service public et l’impôt direct progressif sont les formes les plus achevées de la solidarité nationale.

 

Dans notre pays, la votation citoyenne contre la privatisation de la Poste comme les actions pour la défense des services publics de proximité (bureaux de poste, hôpitaux, gares, ...) sont régulièrement soutenues par une majorité des citoyens concernés. Cela montre l’attachement de nos concitoyens aux services publics, et à l’égalité des droits de tous.

 

L’Europe ne reconnait toujours pas clairement les services publics. La conception des « SIEG » et « SIG » européens n’est pas la même que celle du service public à la française. Là où les premiers ne sont que des services collectifs minimum susceptibles d’être gérés par des entreprises privées, le second est un service obligatoirement géré par une collectivité ou une entreprise publique avec pour seul but l’intérêt général.

 

La création de vrais services publics en Europe doit devenir une revendication forte facilitant la voie des coopérations, par exemple dans le domaine des transports, de l’énergie, des banques, de la poste et des télécommunications,… Les mêmes questions sont posées au plan mondial pour les politiques publiques : est-il normal que le FMI et l’OMC soient orientés essentiellement dans le sens de la marchandisation de toutes les activités humaines ? Peut-on les réformer ? Sur quelles bases ? Quel devrait être leur rôle, ou comment peut-on lutter contre leur volonté ? Ne peut-on pas développer des politiques publiques de coopération avec les pays luttant contre ces instances à l’exemple de ce qui vient de se faire en Amérique latine ?

 

En 2009, le président de la région Provence- Alpes- Côte-d’Azur, Michel Vauzelle, avait été à l’origine d’une pétition pour inscrire les services publics dans la Constitution.


Certes, le préambule de la constitution de 1958 en parle mais cela est sujet à interprétation, car ils n’y sont pas définis…

 

Cette pétition avait recueilli plus de 200 000 signatures.

 

Nous ne devons pas nous empêcher de nous interroger sur une des dispositions du Traité de Lisbonne qui ouvre le droit à pétition. Celle-ci devrait recueillir au moins un million de signatures et dépend du bon vouloir de la commission.

 

Cependant le moyen d’une telle pétition ne peut-il pas permettre aux forces sociales de porter un grand débat public, en France comme dans toute l’Europe, sur l’exigence de nouvelles politiques publiques, notamment les services publics ?

 

Toutes ces pistes doivent être explorées afin que les services publics soient enfin reconnus comme un moteur central d’une économie au service du progrès social.

 

 

 

 

 

Nous ne pourrons sans doute pas aborder tous ces sujets lors des Vendémiaires. Celles-ci doivent pourtant nous permettre de répondre à certaines questions, et d'amorcer des débats qu'il restera à enrichir par une confrontation continue entre tous, citoyens, militants des syndicats, des partis, des associations.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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commentaires

convergence37 15/11/2010 10:11


Parce qu'après lecture, dans l'intro, dans la partie salaries du privé, j aurai invité à mener des batailles collectives pour la revalorisation du travail par des revalorisations des salaires qui
doit traiter de l'obligation de réussite des NAO (Négociation Annuelle Obligatoire), donc un service public qui contrôle et de la revalorisation du travail parl'amélioration des conditions de
travail qui oblige aussi à l amélioration des services publics du travail ,de la médecine du travail . Voilà quelques idées avant de descendre du train et à chaud après la lecture.
A bientôt
Jean-Pierre


convergence37 10/11/2010 09:31


Une nouvelle forfaiture!
10 novembre 2010 ABROGATION DE LA LOI SARKO/WOERTH ! C'est de nuit, à la sauvette, que le type du Fouquet’s qui allait chercher du liquide chez Bettencourt, l'a promulguée. Jamais la plaie ouverte
de ce coup de force anti démocratique, contre 75 % de la population, contre tous les syndicats unanimes, et contre le plus grand mouvement social de l'histoire de ces 40 dernières années, ne se
refermera tant que cette loi Sarkozy scélérate de pillage des retraites ne sera pas abrogée et tant que son auteur ne sera pas chassé. Retour aux 60 ans et à taux plein ! Abrogation de cette loi
scélérate ! Abrogation des lois Balladur et Fillon ! Pas une année de plus, pas un Euro de moins ! 

Jean-Louis Bargès


Bruno 09/11/2010 15:26


Il me semble indispensable d'aborder le droit à l'information. Un paragraphe pourrait ainsi être ajouté:"Coincée dans l’étau économique, normalisée idéologiquement, confisquée par les grands
groupes médiatiques, l’information, notamment quotidienne et la diversité des droits d’expression accèdent difficilement à chacun. Le droit à l’information s’étiole et ne permet pas le libre
arbitre facteur d’émancipation."


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