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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 08:34

 

Services publics et droits des femmes

par Michelle Ernis

 

Lors du tour de table, plusieurs camarades sont intervenus pour dénoncer, dans le détail, les attaques incessantes dont le service public fait l’objet dans tous les domaines, Education Nationale, Santé, Poste, Energie, SNCF …

 

Ces attaques touchent tout le monde  En premier lieu, ceux d’en bas, ceux qui n’avaient pas beaucoup, ceux qui subissent la crise du système capitaliste et qui auront encore moins,.

Et sans distinction :

- les jeunes et les seniors

- les français et les familles immigrées

- les secteurs ruraux et les quartiers populaires urbains

- … et les hommes et les femmes

Au nom du Collectif National pour les Droits des Femmes, je souhaiterais donner un éclairage particulier sur les services publics et les femmes pour qu’ENSEMBLE, nous portions un combat de défense et de développement des services publics, pour TOUTES et TOUS.

 

Les services publics sont, pour nous, des pointillés vers une autre société, à chacun selon ses besoins et non ses moyens. Les services publics ne doivent pas à être livrés à la concurrence et se sont pas des marchandises. Pour nous, ce sont aussi des pointillés vers une autre société, débarrassée de l’oppression des femmes, avec des services publics qui permettent une prise en charge collective des tâches qui, traditionnellement, reposent sur les épaules des femmes, pour une véritable égalité FEMMES HOMMES.

 

Nous constatons qu’au lieu de continuer d’avancer vers cette prise en charge collective de la société, nous nous éloignons des acquis importants obtenues par les luttes des femmes.

 

1 – Tout d’abord, dans un domaine peu discuté, la question du service concernant les personnes âgées et/ou dépendantes.

Nous savons que ce sont les femmes qui vivent plus longtemps, que ce sont les femmes qui ont les pensions les plus faibles, que les maisons de retraite sont de plus en plus chères.

Les assurances privées se font des profits colossaux à partir de ce besoin grandissant.

Un constat : ce sont les femmes, comme autrefois, qui s’occupent des personnes âgées. Soit dans le cadre de la famille, soit en tant que salariées sous payées, sans statut, aux horaires élastiques, sans considération.

Nous souhaitons réaffirmer ici, pour le C NDF et Convergence, que nous nous devons d’être à l’offensive pour revendiquer un vrai service public du 3ème et 4 ème âge. Pour toute la population rurale et urbaine, pour les hommes et les femmes, c’est une nécessité, une urgence sociale et tout particulièrement pour les femmes en  tant qu’usagères et  en tant que salariées.

 

 DSC05507

2 – Concernant la santé

La destruction du système de santé a été développée dans la table ronde. Nous le répétons : cela concerne tout le monde.

Mais, la suppression des hôpitaux de proximité pénalise encore plus les femmes dans le sens où ce sont elles qui s’occupent de la santé des enfants, qui gèrent la famille. Faire des kilomètres pour se faire soigner ou soigner les enfants tient du parcours du combattant.

 

Plus encore, la suppression des maternités de proximité est un véritable scandale. Ne plus pouvoir  accoucher près de chez soi, c’est augmenter les risques pour la santé de la femme et de l’enfant. C’est couper la femme de son milieu. C’est la pousser à sortir vite malgré la fatigue, les risques, le besoin de repos et de décompression. C’est le fameux exemple de Rachida Dati retournant au conseil des ministres, au bout de quelques jours, après un accouchement par césarienne.

 

Parlons aussi du scandale des suppressions de lits pour les IVG, des fermetures de centres d’IVG comme dans le 20 ème à Paris. Le paiement à l’acte fait de l’IVG un acte non rentable. C’est la logique comptable, marchande.

 

Dans les médias, on nous parle des remises en cause concernant les droits des femmes, dans les pays musulmans, aux Etats Unis avec les créationistes, les anti-IVG. Mais, chez nous, c’est la loi du marché et le retour à l’ordre moral qui limite ce droit fondamental des femmes.

 

C’est aux femmes de décider de leur corps, d’avoir un enfant si elles le veulent.

 

 

3 – Concernant la petite Enfance

 

Le CNDF mène campagne, depuis 3 ans, pour un véritable service de la Petite Enfance au nom des droits des enfants et au nom des droits des femmes

 

En France, les femmes sont restées dans le monde du travail plus que d’autres pays européens car il existait des structures d’accueil de qualité de la petite enfance.

Aujourd’hui, la place des femmes dans la vie active diminue du fait de la crise économique capitaliste, des licenciements, de la précarité mais aussi par le simple fait que de faire garder un enfant devient un obstacle majeur..

 

Les enfants de moins de 3 ans ne sont plus comptabilisés dans les écoles maternelles. En Seine Maritime, par exemple il  y avait un 1/ 3 autrefois de moins de 3 ans en Seine maritime, aujourd’hui nous en sommes à 16 %. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. La maternelle par définition est le service public, laïc, gratuit dont les familles, les femmes, les enfants ont besoin.

Le gouvernement annonce des « jardins d’éveil », bien jolis mots mais qui financera ?

Les communes se voient privées de la taxe professionnelle et sont étranglées au niveau financier. Des structures privées se multiplient. Ce sera au bon vouloir des entreprises ou surtout en fonction du porte-monnaie des parents, pour ceux qui  pourront payer.

 

Le changement de législation  concernant les assistantes maternelles s’attaque à la qualité du service rendu : plus d’enfants par assistante maternelle, possibilité de regroupement de plusieurs assistantes avec plusieurs enfants, bref une petite classe.

 

Je pointais, tout à l’heure,  dans mon propos sur la santé, la question du congé maternité sur la question du temps nécessaire pour les femmes au moment de l’accouchement même. Cela va plus loin car le congé lui même est menacé. Il s’agirait de voir prendre sur le temps de congé pré-natal pour le reporter sur le congé post natal. Tout cela pour éviter les problèmes de garde d’enfant. Toutes les économies sont bonnes ! Ainsi une femme pourrait aller jusqu’à la veille de son accouchement. Il est clair aussi que certains patrons ne se priveraient de faire pression pour la garder jusqu’au bout. Peut importeront les conditions de travail.

 

Le congé maternel est un acquis pour la santé des femmes. Il signifie moins de complications de santé, moins de problèmes à l’accouchement.

 

Par des biais différents, par petites mailles, les acquis se détricotent. Ce sont les fondements même du service public de la Petite Enfance qui sont sapés. Nous revendiquons le maintien de ce service public et nous nous battons pour au contraire l’étendre pour la petite enfance de 0 à 6 ans, un service public, laïc, gratuit, de proximité, de qualité.

 

En introduction, je précisais qu’il s’agissait des droits des enfants et des droits des femmes.

A ce niveau, c’est la remise en cause du droit fondamental des femmes au travail, à l’indépendance qui  est touché.

 

C’est le combat mené par le collectif « Pas de bébé à la consigne ».. Cela s’est peu su mais un collectif «  pas de bébés à la consigne » s’est créé. 500 participant-e-s se sont réuni-e-s en novembre 2009 à Paris, reliant professionnel-le-s des crèches, des maternelles, des psychologues, des syndicats …Usager-e-s, personnels, élu-e-s, comme lors de la votation contre la privatisation de la Poste. Notre force est là !

 

 

 

 

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